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 Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .

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Eleanor Rosebury



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MessageSujet: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Mer 12 Nov - 2:34

Le soleil parisien était chaud, en cette journée de printemps . Les allées du jardin du Luxembourg bruissaient d’enfants jouant au cerceau, et à la balle . Des nourrices girondes discutaient sur les bancs, gardant un œil sur leurs chers chérubins . Le vent était doux et parfumé, et Eleanor respirait à pleins poumons, autant que lui permettait son corset . Elle tourna son ombrelle, pour protéger sa peau d’anglaise, et jeta un coup d’œil autour d’elle . Tout était si paisible ! Autant en profiter… Sa mère avait eu une nouvelle crise, hier soir, et Eleanor avait passé la soirée à son chevet, lui prodiguant remédes et réconfort . Après une forte dose de laudanum, Mrs Rosebury, s’était finalement endormie, pour se réveiller, au petit matin, acariatre et capricieuse . Eleanor avait supporté, sans se plaindre, l’humeur versatile de sa génitrice . Mais au fond, elle supportait de moins en moins cette vie prisonnière dans un cachot doré .

« Pauvre Mère … » dit elle à mi voix .

La servante qui lui servait de chaperon fit mine de n’avoir pas entendu, et Eleanor lui en fut reconnaissante . Cette Charlotte, engagée depuis leur arrivée à Paris, était un modèle de discrétion . Eleanor fit quelques pas, sentant le gravier crisser sous ses bottines de cuir . Elle eut l’envie enfantine de se mettre à courir, envie qu’elle réprima aussitôt . Ce n’était pas une tenue pour une jeune fille . Déjà qu’elle avait arraché à sa mère la permission d’aller se promener dans le jardin le plus proche !
Une petite heure de liberté par jour, était ce déjà trop ?

*Allons, Allons ! Je ne dois pas m’apitoyer ainsi sur mon sort ! *

Eleanor leva le visage vers le ciel pour regarder les nuages paresseux qui s’effilochaient dans l’azur . . Un coup de vent un peu plus malicieux lui arracha son ombrelle des mains .


« Par saint George ! »

Immédiatement, Eléanor rougit . Pourvu que personne ne l’ait entendu jurer, comme une vulgaire poissonnière !
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Ezéchiel



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Jeu 13 Nov - 2:52

L'ombrelle capricieuse avait achevé sa course auprès d'un vieil homme accroupi, un large chapeau à rebord planté sur le crâne, tenant une canne en bois noueux à la main....
Saisissant l'objet incongru, il mordit dans sa pointe avec curiosité, puis en tâta l'étoffe, avant de replier l'engin....


- Ils n'ont vraiment pas de cœur...Ho non, vraiment pas... murmura t'il pour lui même en secouant la tête de dépit....
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Eleanor Rosebury



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Ven 14 Nov - 0:19

Eleanor vit son ombrelle tomber à côté d'un vieil homme, à priori indigent . Il mordit la pointe de son ombrelle et Eleanor eut une petite grimace de dégoût . Il fallait bien récupérer cet objet, malgré tout . Eleanor avait un peu peur de s'approcher de ce clochard, aussi mit elle un petit moment, avant de trouver la force de s'approcher . C'était une chose que de tricoter des chaussettes pour les pauvres, et de participer à des soirées de charité, c'en était une autre que de discuter avec un pouilleux .

Elle s'éclaircit la gorge .


" Oh, vous avez retrouvé mon ombrelle qui m'avait échappé des mains . Je vous remercie mon brave !"

Eleanor farfouilla dans le tout petit sac en velours bleu, qu'elle avait attaché au poignet, à la recherche d'une piécette . Ele se força à sourire aimablement à cet homme, accroupi à ses pieds . Le pauvre n'avait pas l'air d'avoir toute sa raison !
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Ezéchiel



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Ven 14 Nov - 15:12

L'aveugle grimaça un rictus

- Soyez pas si polie, ma p'tite demoiselle...Ça m'est tombé d'ssus paf ! Remarquez moi, j'ramasse des ombrelles sur le craniaud mais vous c'est la guigne...Dommage que votre machin protège du soleil et pas des ombres...Hé hé et pas des ombres que j'dis...
Tout ce que je vous conseille c'est d'éviter l'hôpital, même si vot' maman se sent pas bien...
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Charles Turpin



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Sam 15 Nov - 2:16

En ce début d'après-midi, le soleil inondait les toits parisiens et un ciel azur que n'assombrissaient une vulgaire poignée de nuages apparaissait sous sa fraîcheur des jours d'été. L'air n'avait rien de vicié. Au contraire, il était agréable à respiré et une légère brise caressait le feuillage épais des arbres du jardin du Luxembourg.

Un bruit sourd martelait le pavé des allées à intervalle régulier. C'était là le battement de la canne d'appui du Juge Charles Turpin. Ce dernier avait quitté le tribunal une quinzaine de minutes auparavant et se rendait à présent en ces appartements de la rue Champollion. Or, il prenait à chaque fois le temps de s'arrêter au jardin du Luxembourg, de s'y arrêter et d'y contempler, l'espace d'un court instant, les beautés que recelaient le jardin.

Oui, en dehors de son apparence pour le moins peu avenante, Charles Turpin était un homme qui avait atteint ce seuil de l'âge où l'on se laisse parfois vaquer à quelques occupations des plus futiles, comme celle de se poser sur un banc, et d'y rester un moment à méditer, entouré par la nature de toutes parts.

Or donc, en cet instant où il s'apprêtait à retrouver ledit banc, Charles se rendit témoin d'une situation quelque peu cocasse. Une ombrelle lui vola littéralement sous le nez, et c'est peu dire. Emportée par une bourrasque plus forte, elle avait quitté les mains d'une charmante jeune femme pour aller heurter le corps endormi d'un quelconque autre gueux que Turpin venait de remarquer. Le juron sorti de la bouche de la jeune femme fit ressortir cette pointe d'accent anglais si coutumière au juge, lui-même anglais d'origine.

Dans un premier temps, Charles Turpin se contenta d'observer. Et en tout bon observateur qu'il était, il nota dans un recoin de sa tête les paroles prononcées par le gueux qui n'avaient pas manqué de l'étonné. Quoique ce genre d'individu ne lui était pas étranger, lui qui en avait vu passés des dizaines sur le siège des accusés. A chaque fois la folie était seul moteur d'actes affreusement commis.

Turpin hésita à se porter au secours de la demoiselle dont la présence de cet homme semblait la gêner. Il attendit cependant qu'elle ne réplique quelque chose au clochard avant de précipiter quoi que ce fût.
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Eleanor Rosebury



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Dim 16 Nov - 23:37

Eleanor écouta les élécubrations de l’aveugle, un sourire de pitié sur son visage . La dernière phrase du vieillard la fit blémir . Elle agrippa convulsivement son sac . Les articulations de ses mains en étaient devenues blanches . Elle frémit interieurement .

« Pardon ? Qu’avez vous dit ? Comment savez vous que ma mère est malade ? Et qu’est ce que ces histoires d’ombres ? »

Eleanor faisait un grand effort pour garder son calme . Elle ne se pencha pas plus sur le vieil homme, malgré l’envie qu’elle pouvait ressentir de voir ses yeux, et d’y lire la vérité . C’était très troublant, et Eleanor se mordilla la lèvre inférieure . Non, il n’avait aucune raison de savoir que sa mère ne supportait quasiment plus la lumière du jour, qu’elle vivait quasi cloitrée dans sa chambre, en prenant force potion et reméde de toute sorte . C’était un hasard, un malheureux hasard . Il n’y avait pas d’autre explication ! Eleanor serra les poings . Elle ne laisserait pas son esprit se faire empoisonné par les fariboles de sa mère !

Détournant le regard, car elle sentait des larmes de détresse monter au coins de ses yeux, elle vit un homme d’un certain age, l’observant calmement . Il y avait dans son maintien quelque chose de… Britannique . Elanor plongea son regard sur la pointe de ses bottines . Il était malséant de dévisager un homme, même s’il était un compatriote . Peut être connaissait il le vieillard ? Mais, en son âme et conscience, Eléanor ne pouvait accoster un homme dans un jardin, comme une fille de joie !
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Charles Turpin



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Lun 17 Nov - 23:16

Charles nota l'hésitation de la jeune fille à l'aborder alors que, s'étant retourné, elle l'avait remarqué qui l'observait. C'était à lui de prendre les devants, bien qu'il n'était pas homme à accoster aisément quiconque se trouvait sur son chemin. Néanmoins, l'accent britannique de la jeune femme lui permit de se sentir dans un environnement plus familier, plus proche. Il s'avança vers elle et, dans un anglais des plus raffinés, lui déclara.

« A very nice day to meet a such pretty lady. »

Il soutint un instant son regard et vit ses yeux quelque peu embués. Les paroles du gueux l'avaient visiblement ébranlée. Charles essaya de la rassurer.

«Ne prêtez guère attention à ce genre d'individu mal intentionné. Il n'y a que mensonge et vilénie sortant de leur bouche, termina-t-il en français. »

Afin d'accentuer ses propos, Turpin lança un regard de dégoût au pouilleux qui avait toujours son horrible rictus aux lèvres. Il se retourna et contempla à nouveau le visage de la jeune anglaise. Malgré son âge avancé, Charles Turpin n'en était pas moins un homme dont la beauté d'une femme lui procurait toujours cet effet premier d'exaltation si commune au sexe masculin. Il ne le fit cependant pas remarquer. En vérité, Charles ne révélait jamais à quiconque la nature même de ses sentiments. De ce fait, il était toujours difficile de savoir ce qu'il pensait vraiment, puisqu'aucun signe ne le trahissait, pas même le moindre haussement de sourcils.





Hack sauvage : vous avez du courrier Sir Turpin...Voir vos MP
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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Mar 18 Nov - 1:20

Le mendiant de répondit pas a la remarque et se contenta de cracher sur ses chaussures qu'il astiqua méthodiquement, sifflant une berceuse anglaise familière a Eleonore...
Il fixait désormais ses pieds, plonge dans une sorte de catatonie...

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Eleanor Rosebury



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Mer 19 Nov - 23:48

L’homme l’aborda avec élégance, et Eleanor s’obligea à sourire . Sourire qui devint plus naturel, quand elle réalisa qu’elle avait vu juste : il était anglais, et sûrement de sa classe sociale . Elle osa lever les yeux sur lui . Il était digne et calme, et dégageait quelque chose de très rassurant .

« I can’t pretend being as nice as the weather . I’m not so arrogant, sir .”

Une fossette se creusa sur sa joue, lorsqu’elle rajouta :

« Je ne suis pas en France depuis si longtemps, pour être aussi habile en coquetterie que les femmes d’ici, j’en ai bien peur . »

L’homme chercha à la rassurer tout à fait, et Eleanor lui en fut reconnaissante . Elle fit un effort pour maitriser son émotion, et jeta un regard sur le vieillard, perdu dans ses songes . Il ne s’était même pas donner la peine de lui répondre . Son instant de lucidité, si l’on pouvait l’appeler comme tel, avait disparu . Eleanor respira un grand coup, et décrispa ses épaules .

« Vous avez bien raison, sir . Cependant il a dit une phrase qui m’a interloquée . Je constate que ce n’était que l ‘effet du hasard, et que je deviens par trop impressionnable . Je n’en suis pas fière . »

Eleanor baissa le regard . Oui, elle avait été idiote . Les séances de spiritisme detestables où la traînaient sa mère finissaient par entamer sa raison . Si elle aussi chavirait dans l’irrationnalité, rien ne pourrait sauver sa mère . Et son père ne serait pas fière d’elle !
Eleanor se pencha pour ramasser son ombrelle, objet de tant de chahut, et entendit le vieil homme fredonner . Elle pâlit brusquement . C’était la berceuse que lui chantait sa mère, pour l’endormir le soir, au temps béni, où elle avait encore toute sa santé . Une coincidence, passe encore, mais deux !
Serrant le manche de son ombrelle, elle se redressa, pleine de confusion .


« Je ne savais pas que « O little town of Bethlehem » était connu jusqu’à Paris . C’était… La chanson que me chantait ma mère… » put elle seulement ajouter comme explication . (hj :http://www.deezer.com/track/579596 )

Eleanor regarda avec incertitude l’homme debout devant elle . Il semblait un rempart solide contre la folie qui menaçait .
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Ezéchiel



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Jeu 20 Nov - 18:31

- Ho j'sais bien ce qui se passe dans vot' tête, Monsieur...Encore un salingue qui tente d'abuser de la gentillesse d'une brave damoiselle de bon coeur...
C'est pas un crime que d's'inquieter pour sa maman...Z'êtes pas inquiété de la santé d'beaucoup d'gens vous, surtout quand vous les envoyez sur l'échafaud...Ils vous rattraperont un jour, ils vous attendent, j'les vois moi...

Ricanant cruellement, il se redressa sur sa canne et, tandis qu'il était sur le point de partir, susurra à l'oreille d'Eleonore en lui glissant quelque chose dans le creux de la main...

- Ce soir, lors de sa prochaine crise, l'emmenez pas à l'hôpital j'vous dis...Conseil d'ami.

Puis faisant cliqueter sa canne de droite à gauche, il s'enfonça dans la foule du parc...
Lorsqu'Eleonore ouvrit sa main, elle y découvrit un minuscule bouton, peut être un bouton de manchette ou de veston, représentant un visage de lion effrayant...
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Charles Turpin



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Sam 22 Nov - 1:55

Le parler anglais de la jeune femme dont Charles put en reconnaître les origines londoniennes (tout comme le sien) était pur et sans la moindre altération digne des quartiers malfamés de la capitale britannique. Elle continua également en français. Charles nota à nouveau dans ses propos, ainsi qu'il l'avait déjà noté en écoutant femmes parler, le stratagème propre à la gente féminine qui consiste à se dénigrer dans son apparence, ou du moins à sous-estimer sa beauté dans l'unique but d'attendre une répartie de l'interlocuteur visant à prouver le contraire.

« Si les femmes d'ici sont coquettes, vous possédez en revanche l'élégance et la grâce du style anglais. A choisir, je pencherais plutôt outre-Manche.»

Charles répliqua ces paroles, un léger sourire esquissé au coin des lèvres, car il savait qu'il avait répondu ce qu'il fallait. Ce pendant, l'homme assis se mit à fredonner une berceuse dont les paroles semblaient avoir envouté l'espace d'un court instant la jeune anglaise. A nouveau, elle pâlit et l'émotion la prit. «O little town of Bethlehem», prononça-t-elle. Ce nom-là évoquait bien quelque chose au juge sans pour autant qu'il puisse l'en associer à quoi que ce soit dont il avait souvenir.
Fait bien étrange qu'un individu tel que cet homme vêtu comme un gueux et faisant mine de quêter l'aumône puisse par deux fois ainsi troubler l'esprit d'une femme que celle-ci ne connaît vraisemblablement ni d'Adam, ni d'Eve.
Les faits devinrent encore plus étranges lorsque ledit individu s'adressa cette fois-ci directement à Turpin en évoquant sa fonction de juge. Ou plutôt de bourreau, à en croire ses propos.

Charles, qui jusqu'à présent était apparu comme en rempart entre sa compatriote et le mendiant, se retrouva au même rang que la jeune femme. Sans pour autant en faire apparaître les signes extérieurs, il était consterné. De plus, il était persuadé que le mendiant le ressentait. Un silence s'installa. Après avoir adressé ses dernières paroles à l'oreille de l'anglaise, l'homme s'en alla, recourbé sur sa canne, l'air de rien.


« Je n'ai pour ainsi dire pas l'habitude de faire pareilles rencontres lors de mes virées pédestres. J'espère qu'il ne vous aura pas causé trop d'ennuis. Mais je suis bien mal élevé moi-même. Je me présente, Charles Turpin.»

Alors qu'il tentait de détourner la conversation, Charles Turpin n'en restait pas moins perplexe suite à cette singulière altercation.
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Eleanor Rosebury



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Mar 25 Nov - 1:22

(hj : désolée du retard...)

Eleanor sentit une rougeur monter à ses joues, sous l'effet du compliment . Elle savait qu'elle possédait quelque joliesse, des jeunes hommes lui avaient quelque fois tourné des compliments fleuris, qu'Eleanor s'empressait d'oublier . En général, ils couraient aprés la fortune de son père, Eleanor avait un sixième sens pour repérer les véritables mobiles de ces jeunes gens . Là, ce n'était pas le cas, cet homme ne savait même pas qui elle était, elle ne pouvait douter de la sincérité de ses paroles .

Ensuite, le mendiant eurent d'autres paroles enigmatiques, concenant l'anglais, et Eleanor porta une main à ses lèvres . Et si, ce que disait le mendiant était vrai ? A l'échafaud ? Cet homme était donc procureur ? Non, non, elle ne devait pas se laisser perturber de la sorte . Le vieil homme se leva, et lui parla encore de sa mère . Ne pas l'emmener à l'hôpital, excellent conseil, surtout quand on connaissait l'état de délabrement de certains Hotel Dieu . Eleanor susurra à son tour :


Merci de ce conseil, mon brave..

Elle sentit qu'il lui glissait quelque chose dans la main, et jeta un rapide coup d'oeil : un bouton ? Cet homme était décidément fou ! Néanmoins, une obscure raison lui souffla de ne pas le montrer pour l'instant, et elle le glissa discrétement dans son sac de velours . On aurait dit quelque signe cabalistiques dont raffolaient les médiums que consultaient sa mère . Pourquoi lui avait il donné cela ? Cela devait avoir un sens, obligatoirement...
Levant les yeux vers son compatriote, elle vit qu'il était troublé, lui aussi . Il essaya de détendre l'atmosphère . Eleanor fit un effort pour dénouer ses épaules, et sourire .


Mon Dieu ! Je n'en ai guère l'habitude également, surtout que les moments où je peux me promener sont rares . Des ennuis, non... Non... C'était juste... Perturbant .

Eleanor eut un gracieux signe de tête, sa mère aurait été fière d'elle .

Enchantée de faire votre connaissance, Mr Turpin . Miss Eleanor Rosebury...
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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Jeu 27 Nov - 19:21

C'est essoufflée que Blanche, la lingère française engagée par la mère d'Eleanor, arriva auprès du couple anglais....

- Mademoiselle...Mademoiselle...C'est Madame votre mère ! C'est affreux ! peina t-elle a articuler

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Eleanor Rosebury



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Jeu 4 Déc - 1:24

Alors qu'Eleanor se décidait à se détendre, et à jouir enfin du soleil printanier parisien, elle vit la lingère de sa mère se précipiter vers elle . Blanche était essouflée et n'arrivait pas à sortir quelques paroles cohérentes .

Ma Mère ? Que s'est il passé ? Blanche, reprenez votre air et expliquez vous un peu, je vous prie !

Eleanor s'obligea à garder un ton calme, alors qu'elle sentait l'inquiétude monter . Sa mère avait elle eu encore une crise ? Si proche de la dernière ? Ce n'était jamais encore arrivé, encore . On pouvait craindre le pire . Eleanor jeta un regard un peu perdu sur Charles Turpin . Elle se jugea ridicule de chercher un soutien vers un homme qu'elle venait à peine de rencontrer . Il était anglais, certes, il avait un air inébranlable, trés réconfortant, et il avait un comportement normal . C'était de beaucoup préférable aux personnes, dont elle et sa mère fréquentaient les salons, depuis leur arrivée sur Paris .
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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Sam 6 Déc - 18:59

Blanche, gênée et terrifiée à la fois, hoqueta péniblement avant d"ajouter

- Madame votre mère est entrée dans un émoi terrible ! Elle pretendait que des esprits venaient la tourmenter et cherchait son chapelet de bois de rose avec frénésie, en m'accusant de l'avoir caché et de ... la blanchisseuse se signa d'avoir pactisé avec le Diable "souffla t'elle à mi-voix

J'ai fait appelé Monsieur St Jean, le docteur, mais entre temps, Madame votre mère, toujours aussi énervée, chuta dans l'escalier et se tordit la jambe...
Monsieur St Jean a diagnostiqué une grosse fièvre et une luxation qu'il préférerait examiné à l'hôpital...Je lui ai dit d'attendre votre retour. Ai-je bien fait ?

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Charles Turpin



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Dim 7 Déc - 18:06

« A mon tour d'être enchanté, Miss Rosebury. »

Charles n'eut pas le temps de continuer sur sa lancée qu'aussitôt, une femme vêtue des habits que portait traditionnellement le personnel de maison de toutes bonnes familles accourut à la rencontre du juge et de sa compagne anglaise. Turpin en déduisit très vite qu'il s'agissait là d'une quelque chambrière ou autre lingère d'Eleanor.
Blanche, ainsi que se prénommait ladite lingère, vint annoncer à Eleanor qu'il était arriver quelque chose de grave à sa mère.
Charles Turpin se remémora alors les paroles du mendiant quant à la mère d'Eleanor. Ainsi ce pouilleux ne fabulait en rien et en savait bien plus qu'il ne laissait le paraître, tout comme il avait deviné quelle était la profession de Charles Turpin.

Revenant à ses esprits, le juge anglais considéra la lingère et Eleanor tour à tour. Il ne savait pas trop quelle attitude adopter ni ce qu'il convenait de dire. Finalement, il prit la parole.


« Je suis sincèrement désolé de vous importuner dans un pareil moment. Je ne pense pas être d'une quelconque utilité mais si je peux faire quoi que ce soit... »

Réplique idiote, d'une banalité sans conteste, d'autant plus que Charles avait horreur de cette urbanité, cette politesse affable qui apparait tellement fausse lorsque l'on regarde au plus profond de l'individu. Mais il en fit comme si de rien n'était.

(hrp: dsl pour ce post un peu court, je ferai mieux la prochaine fois)
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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Jeu 11 Déc - 16:36

La servante fît une révérence un peu gênée devant l'homme de haute stature et emmena la jeune fille avec elle en direction de la demeure de Rosebury...

Vu l'émoi d'Eleonor, il pouvait sembler inconvenant de la laisser seule, mais, d'un autre coté, suivre une jeune fille de bonne famille alors pour un parfait inconnu pouvait relever de la vulgarité la plus flagrante...

Du reste, le juge Turpin n'avait toujours pas vu son vieil ami Forgeard, juge de hautes instances, depuis son arrivée à Paris...
Méditant sur ces deux possibilités, l'anglais trancha....

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Eleanor Rosebury



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MessageSujet: Re: Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .   Mar 16 Déc - 16:03

Eleanor comprit que Sir Turpin ne pouvait décemment pas la suivre chez elle . Si cela se savait… Sa réputation serait faite . Elle réalisa qu’elle était seule, diablement seule, dans cette ville étrangére, sans aucun soutien, avec une mère à demi démente . Elle offrit un maigre sourire à son compatriote .

« Je vous remercie, Mr Turpin . Savoir qu’il existe une présence amicale dans Paris m’est déjà d’un grand réconfort . Je serai ravie de vous inviter boire le thé, à l’hôtel particulier que loue ma famille, rue Royale, dés que ma Mère se sera remise de son malaise . Je vous souhaite une agréable fin de journée . »

Elle releva le menton et indiqua à Blanche de lui ouvrir la voie . Eleanor replia son ombrelle, et se mit à avancer d’un pas vif pour sortir du parc . Sa famille pouvait être fière d’elle : l’expression même du flegme britannique . L’éclat du soleil lui parut bien terne, et le vent printanier bien froid tout à coup . Aurait elle la force ? La force de s’opposer au médecin, et de calmer sa Mère ? Eleanor se sentit bien vide tout à coup, et bien petite et insignifiante . Si seulement, elle était à Londres ! A Londres, il y avait son père, et lui, saurait prendre la bonne décision . Eleanor du fait de son jeune age, avait toujours eu à obéir à ses parents ou à un chaperon quelconque . Elle ne s’était jamais retrouvé dans la situation où elle devait prendre seule les décisions pour les siens . Cela la perturbait, au plus haut point .
Si elle commettait une erreur, celle ci ne serait pas pardonné, et Eleanor avait le ventre noué d’apréhension pour sa mère également .
C’était beaucoup, pour cette délicate jeune fille, et elle essuya prestement une larme qui perlait à ses paupières . Avant de sortir du parc, elle se retourna à demi pour jeter un dernier regard sur Charles Turpin .
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Eleanor Rosebury ou l'odeur enivrante de la liberté .
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