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 Le cercle littéraire

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Le Gardien
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MessageSujet: Le cercle littéraire   Ven 13 Juil - 20:43

Fraichement nommé représentant officiel du cercle littéraire, Marc Garigue espérait ravir ses invités par les réunions qu'il organiserait au profit de l'art de l'écriture.

Lui-même écrivain à succès, il avait à son actif 2 livres de nouvelles et plus de 120 poèmes, dont prêt de la moitié avait été éditée de façon officielle.

Chaque mois, depuis la réactualisation du cercle il y a 4 ans, celui-ci organisait des réunions littéraires autour de thèmes ou d'auteurs diverses. Pour le plus grand plaisir des membres, pour la plupart issus du gratin de la population parisienne, Marc avait réussi à faire venir à celle-ci Georges Mugang, écrivains talentueux et prometteur ainsi que divers autres auteurs en vogue.

A une heure de la réception, le stress montait et Marc veillait méticuleusement à l'organisation de chaque table, chaque chaise, de l'estrade et du buffet.

Les premiers invités ne tarderaient désormais plus à arriver.
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Georges Mugand



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MessageSujet: Re: Le cercle littéraire   Ven 13 Juil - 22:32

La température clémente incita Georges à flâner dans les rues parisiennes avant de rejoindre la réception. Outre que la ville revêtait au soleil des atours plus aimables que ses oripeaux de pluie et de grisaille, la faune féminine se faisait plus prodigue de ses charmes, ce qui ne manquait pas d'attrait, avouons-le. Charmantes créatures. Quelle pitié que leur cervelle ne vaille rien, mais ce n'était après tout pas ce qu'on leur demandait.
De gros bourgeois s'accrochaient à leurs bras, aussi insignifiants que leur tendre moitié. Sans qu'il s'en aperçoive, un petit sourire lui vint, fait de contentement. La perfection de sa mise le réjouissait, le consacrait définitivement comme un phénix au milieu des pigeons. Il savait qu'il attirait le regard, il imaginait sans peine l'émoi qu'il semait. Il y était habitué.

Un fraîchissement de l'air, le tira de ses réflexions. Quelques inquiétants nuages tâchaient l'azur. Georges décida d'abréger sa promenade. S'appuyant sur sa canne de la main droite, il extirpa majesteusement sa montre gousset. L'instrument doré l'informa qu'il était temps de se rendre à bon port. Rudement pratique cette mécanique. Il y avait une certaine poésie dans la délicatesse de ces engrenages cliquetants, dans cette volonté si tragiquement humaine de domestiquer ce qui par essence était insaisissable. Peut-être y avait-il là matière à développements. Il y penserait ce soir, en feignant d'écouter ses collègues.
Quelques-uns d'entre eux étaient de bons auteurs, il fallait le reconnaître. Garigue par exemple, produisait de la poésie potable. Toutefois, la foule de parasites qui se greffait sur eux était insupportable. Des écrivaillons minables qui se glorifiait d'appartenir à l'élite littéraire de leur siècle. Des oisifs obtus qui s'imaginaient marquer leur époque avec des torchons imbitables. Les éditeurs avides se chargeaient d'entretenir ces pisse-lyres dans leur délire tandis qu'un public ignare encensait les pires abominations. Des récits révoltants de matérialisme cotoyaient des excès romantiques des plus indigestes pour le plus grand plaisir de la plèbe.
Il promena un regard souverain sur la rue. Ces gens n'étaient pas à même de me comprendre. Ils ne pouvaient pas ressentir comme lui ce souffle de charogne qui balayait Paris, cette corruption d'idéaux, l'insidieuse souillure de l'argent, du progrès, de la suprématie scientiste. Ils se gargarisaient de l'industrialisation massive de leurs campagnes, tournaient leurs esprits bornés vers la hausse de la productivité, la splendeur de l'industrie, la puissance de la France. Sottises.
Il eut fugitivement la vision d'un Éden aux pommiers rongés par les vers.
Cette misérable tournure d'esprit contemporaine le dégoûtait.

Georges marchait maintenant d'un pas vif vers la réception. Il écarta ses pensées sombres pour se concentrer sur la petite allocution qu'il devrait prononcer tantôt. Il n'avait rien préparé bien évidemment. L'Art ne se nourrit pas de rigidité. La folie de l'instant, voilà ce qu'il assènerait à son public qui, tout négligeable qu'il fut, aurait un instant la vision de ce qu'était véritablement la nature d'un artiste.

Il s'avança détendu vers l'entrée du bâtiment dans lequel serait célébré sous peu et encore une fois son talent.
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MessageSujet: Re: Le cercle littéraire   Sam 14 Juil - 2:28

DIng Ding Ding!
Marc Garigue, comme à son habitude attira l'attention de la salle en utilisant une petite clochette de cuivre dont l'usage premier devait être de sonner le dîner dans grandes familles de jadis...


- Messieur ! Nous changeons de programme ! Paris est assiégée ! Paris est prise ! La situation est grave...Ce soir même, au sein de l'ecole centrale de Polytechnique, la fange de l'esprit scientiste ternira encore un peu plus les esprits etriqués de la petite bourgeoisie française...
L'execrable, que dis je, le criminel Frankelin Josse, l'homme du "Gouvernement par la Science", le despote de laboratoire, le voleur d'âme de l'Académie de science eructera une conférence sur l'identité de l'homme...

Un "Bandit!" d'approbation salua les invectives de Garigue, aussitôt suivit d'une huée collective fustigeant sans doute la cible de l'orateur...

- Opposons à ce facheux un souffle de révolte, épurons les esprits de nos semblable des obscènes mécaniques froides de la science maîtresse et rendez nous là bas, pour y raisonner nos frères....

Des vivas éclatèrent dans le café de la Gentilhommière et quelques bruits de cuillères tapées avec animation sur les verres saluèrent le Demosthène contemporain. Certaines plumes grattèrent frénétiquement le papier, dans le but évident de trouver certains bons mots à lancer au visage de l'impudent scientifique, qui entendait par la simple science, dicter la conscience de tout un monde...
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Georges Mugand



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MessageSujet: Re: Le cercle littéraire   Sam 14 Juil - 3:14

Georges reposa calmement le verre dans lequel il comptait tremper les lèvres avant l'intervention de Garigue.
La petite réunion prenait une tournure intéressante. Il avait oublié la venue de Josse, ce dangereux zélateur de la raison, à Paris. Josse incarnait les méfaits du scientisme dans toute leur splendeur : un esprit obtus et un orgueil démesuré. Préconisant, semble-t-il, l'avènement d'un nouveau type de gouvernement tout entier fondé sur la raison, Josse était la bête noire favorite des intellectuels bon teint du tout-Paris.
Georges devait cependant concéder à ce forcené un bon point : il semblait parfaitement sincère dans sa démarche. On ne pouvait pas en dire autant de ses détracteurs qui, se drapant dans leur indignation, vitupérant ardemment contre le totalitarisme de la Science toute-puissante, se gaussant de l'aridité de la pensée mécaniste, cherchaient finalement plus à se faire voir qu'à défendre quoi que ce soit.
La petite troupe s'agitait.


"Contrôler l'esprit humain !"

"L'anonymat ! Vous allez voir qu'il voudra l'abolir au nom de la raison !"

"Son orgueil ne souffre aucune limite !"

L'anonymat. Beau sujet. Très urbain.

Georges sentait qu'une occasion se présentait. Une occasion de faire connaître son oeuvre, une occasion de faire partager ses idées par le nombre, une occasion de faire refleurir Avalon dans les rêves de Paris. Pour cela, il fallait être considéré comme un meneur, qu'on lui donne droit à la parole, qu'il puisse de sa verve clouer le nez de Josse au milieu de ses idées nauséabondes et lui en faire constater la vacuité et la dangerosité. Oui, l'assistance charmée par son verbe, choquée par sa hardiesse, émue par sa fougue. Les journaux transcrivant son intervention, son nom volant sur les lèvres, sa renommée grandissante.
Il fallait prendre l'initiative, maintenant.
Il alla quérir son chapeau et sa canne, puis, théâtralement, il consulta sa montre dorée, la ferma d'un geste vif et lança à la cantonnade :


"Messieurs, ne perdons pas notre temps en vaines paroles. Cet homme est puant et si Paris ne s'en rend pas compte elle-même, nous nous chargerons de le lui faire sentir. Il est du devoir du lettré de guider l'homme du peuple dans sa réflexion. Allons ! Le temps presse."

Il se dirigea à grands enjambées vers la sortie.
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MessageSujet: Re: Le cercle littéraire   Sam 14 Juil - 12:35

Comme un seul homme, la foule avait applaudit la courte élocution de leur invité de renom et s'apprêtait désormais à le suivre sur le perron. Dehors, les carrioles avaient été avancées et attendaient impatiemment leurs passagers enhardi par la pensée de l'aventure qui se préparait.

Garigue remarqua quelques âmes tenter de repartir discrètement dans l'autre sens. En esprit, il fulmina. Des penseurs ? Des philosophes ? Pfff ! Des lâches oui ! Il ne manquerait pas d'en faire la remarque aux prochaines réunions et il s'assurerait personnellement de ne plus les y voir à nouveau.

Porter par l'effervescence de la situation, il se sentait gonflé de rage et de pouvoir. Il suivit Mugand à l'extérieur et l'apostropha.


Par ici, Georges, montez avec moi, nous prendrons la tête du cortège.

Il avait bien remarqué la litanie du jeune homme et s'était félicité de l'avoir convié. Mais il ne comptait pas pour autant lui laisser la vedette. Il voulait mener ses troupes. Il voulait réussir la mission qu'il s'était fixé et montrer à la société scientiste misérable de tout Paris qu'il n'admettrait pas qu'on ose ainsi dénigrer les vrais valeurs de son pays.

Il monta dans la carriole et attendit Mugand afin de prendre enfin la direction de l'école centrale de polytechnique.
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